Qu'est-ce que l'hypnose ?

L’hypnose est un état particulier différent de l’état d’éveil ou du sommeil.


Il s’agit d’un état naturel que tout le monde vit sans forcément savoir qu’il s’agit de l’hypnose. Cet état peut aussi être provoqué volontairement par différentes techniques, dont les suggestions.


L’hypnose est considérée comme un État Modifié de Conscience (EMC), différent de notre État Ordinaire de Conscience (EOC), état dans lequel nous sommes le plus souvent au quotidien.


Cet état est également différent de la relaxation ou de la méditation qui sont d’autres états modifiés de conscience.


Malgré les différentes recherches effectuées, cet état n’a aucune similitude avec le sommeil. Selon ces mêmes études, il se rapprocherait plutôt des rêves.
L’état hypnotique est un état normal et propre à l’être humain, que l’on peut provoquer ou tout simplement amplifier. Cette faculté est naturelle et nous pouvons tous être hypnotisés afin de profiter des bienfaits de cette thérapie.


Cet état peut être léger (rêverie, transe hypnotique légère), ou plus profond.

L’hypnose est le terme désignant à la fois un état de conscience, les techniques permettant l’obtention de cet état de conscience et les techniques thérapeutiques utilisées pendant cet état.

 

 

Il est courant d’affirmer que l’hypnose neutralise la partie logique, ouverte, consciente, laissant ainsi accessible, sensible et réceptive la partie du cerveau qui gère l'imagination, les émotions, les instincts; la partie inconsciente.


L’objectif visé dans une séance d’hypnose est donc de distraire l’attention du consultant en «neutralisant» sa partie consciente, afin qu’il «décroche» et ainsi de pouvoir accéder à la partie inconsciente.
L’hypnose se différencie donc des autres états modifiés de conscience par la dissociation entre le conscient et l’inconscient. Cette dissociation permet à l’inconscient de se libérer des entraves et blocages du conscient.

Pour ce faire, l’hypnothérapeute concentre l’attention du consultant sur quelque chose afin qu’il lâche prise et qu’il atteigne le facteur critique c’est à dire le moment de basculement dans la transe hypnotique.
Chacun peut expérimenter ce facteur critique : en effet, qui n’a pas pris sa voiture et atteint son point d’arrivée sans se souvenir du parcours effectué ? Le conducteur a ainsi oublié la route et oublié qu’il conduisait. C’est son inconscient qui pilotait son véhicule. Ou encore, le soir lorsque l’on s’endort et le matin au moment du réveil, on traverse une phase entre sommeil et veille où l’on est à la fois en partie dans l’inconscient et également dans le conscient.

 

Être en état d'hypnose est une expérience agréable et relaxante. On dit communément qu'un quart d'heure en état d'hypnose équivaut à trois heures de sommeil !

Différentes formes d'hypnose...

Il existe différentes formes d’hypnose :

 

L'Hypnose traditionnelle, ou Hypnose Classique, la plus ancienne : même si ce n’est pas l’hypnose la plus «conventionnelle» ni la plus reconnue, elle reste la forme la plus connue étant donné que c’est cette hypnose dont on parle le plus dans les médias. Les hypnotiseurs «classiques» ou «de spectacle» font leur show tels des magiciens à la télé.
Cette forme d’hypnose se veut volontairement autoritaire et dirigiste; les suggestions hypnotiques sont directes et la thérapie va droit au but, sans détour. Cet aspect attire un certain nombre de personnes, impressionnées par le côté spectaculaire de l'influence du thérapeute sur son patient.

 

L’Hypnose rapide ressemble à l’hypnose classique mais sans la partie «artifices de spectacle». Elle peut être très utile thérapeutiquement parlant car elle permet d’induire rapidement une transe chez les sujets qui sont réceptifs. Par exemple, cela peut être utile chez le dentiste ou dans des environnements bruyants.

 

L'Hypnose Ericksonienne, développée vers 1930 est la forme d’hypnose la plus populaire actuellement. Elle a perfectionné les outils de l'Hypnose Classique pour les rendre invisibles, indirects, subliminaux. Elle peut avoir gardé un aspect dirigiste mais, nouveauté intéressante, elle a donné une nouvelle dimension à l'utilisation des mots, afin de s'adapter à n'importe quel patient - non plus en suggestions directes, comme une sorte de médicament donné à la personne, mais en oeuvrant  pour que cette dernière enclenche par elle-même de profonds processus de changement et de guérison. Milton Erickson, maitre incontesté de cette nouvelle approche à qui il a donné son nom, a su utiliser le langage (le fameux «Milton modèle») afin de diriger ses patients vers leur Inconscient en leur laissant une certaine forme «d'autonomie illusoire» (utilisation des présuppositions et double-liens). Le thérapeute ne lâche pas son objectif, mais il y met «les formes», grâce à une communication d'influence très travaillée et précise, pour que son patient aille où il le souhaite, vers la guérison. Nous restons toutefois beaucoup, avec cette forme d'hypnose, dans un domaine purement médical ou psychiatrique.

 

L’Hypnose Thérapeutique ou médicale : c’est parce que l’Hypnose Ericksonienne est utilisée dans un cadre thérapeutique qu’elle a été ainsi nommée. Il n’existe donc pas de différence entre l’Hypnose Ericksonienne et l’Hypnose Thérapeutique.

 

L’hypnose que je pratique au cabinet est l’Hypnose Ericksonienne.

Cette hypnose est constituée de deux concepts de base :
- La position basse du thérapeute. L'écoute est active tout en évitant le jugement.
- Le patient a ses problèmes et il a aussi ses propres solutions.
Le thérapeute n'est là que pour accompagner son patient vers ses ressources et ses capacités conscientes et inconscientes. Le patient saura alors prendre le recul nécessaire à un problème donné, transformer ses processus internes limitants, afin qu'il puisse dépasser un blocage et être en accord avec lui-même.

 

L'hypnose «à la manière» d'Erickson est résolument pratique, orientée solutions, véritable «boîte à outils» flexible et évolutive. L'Hypnose Ericksonienne est une approche fondée sur un langage autant non-verbal que verbal, aux multiples niveaux de compréhension.
Les solutions mises en place sont efficaces et durables car elles proviennent de la personne elle-même.  Il n’y a pas de projections personnelles de la part du thérapeute.


L’objectif en Hypnose Ericksonienne est de rendre la personne de plus en plus autonome grâce à l'apprentissage de l'autohypnose.

 

L’avantage d’une approche thérapeutique menée par l’Hypnose Ericksonienne est son approche brève. En effet, les résultats sont rapides.


Vous pouvez arrêter de fumer en une seule séance, vous libérer d’une phobie en 2 à 4 séances et vous perfectionner ou perdre du poids en 5 séances...


D’une manière générale, une thérapie complète ne dépasse jamais les 10 séances, la moyenne étant de 3 à 6.

L'hypnose pour qui ?

L’hypnose est ouverte à toute personne, quel que soit son âge (enfants, adultes, personnes âgées), ayant le désir de changer, d’avancer, d’évoluer, d’être l’acteur principal de son changement.

 

Toute personne capable de focaliser son attention pendant quelques minutes sur un sujet précis peut facilement et techniquement être hypnotisée.


Le principe de l’hypnose est de donner à l’inconscient le pouvoir sur le corps alors même que la volonté n’est pas assez puissante pour effectuer les changements thérapeutiques désirés.

Un peu d'histoire...

Si l’on veut comprendre ce qu’est l’hypnose, il faut tout d’abord en connaître l’historique. En effet, au fil des années, l’hypnose a évolué, s’est adaptée en changeant de nom, de théories, de pratiques et même d’indications.


Au fil des siècles, elle a d’abord occupé une place importante dans le monde médical pour ensuite tomber en disgrâce auprès des scientifiques, avant de revenir au premier plan de nos jours et ce, dans les services médicaux et paramédicaux du monde entier.

 

Chacun des protagonistes ci-dessous a fait évoluer la théorie et la pratique de l’hypnose que l’on connaît actuellement. C’est cette diversité dans l’approche et la définition du phénomène qui a fait de l’hypnose ce qu’elle est aujourd’hui.

 

 

Toute communication humaine peut être considérée comme de l’hypnose. On peut donc aisément imaginer que l’hypnose est aussi ancienne que l’humanité.


Son origine se perd dans la nuit des temps : on en retrouve la trace dans l’Egypte pharaonique, la Grèce ou la Rome antique, généralement associée à des cérémonies religieuses ou magiques. Certains prêtres s’en servaient pour soigner leurs disciples.


Dans l’Egypte ancienne, Ramsès II motivait déjà ses troupes grâce à des phrases répétées indéfiniment. Sorte d’ancrage hypnotique puissant.


En Grèce, un contemporain de Socrate, Antiphon d’Athènes, se servait des mots pour guérir.


Plusieurs documents du XVe siècle montrent que de nombreux chercheurs ou médecins de l’époque utilisaient l’hypnose pour détendre, soulager ou même guérir.

 

Cependant, il est communément admis que l’histoire de l’hypnose commence à la fin du XVIIIe siècle avec Franz Anton Mesmer (1734-1815), un médecin autrichien. Il était persuadé que le corps humain, à l’image de l’univers, était imprégné d’un fluide magnétique invisible qui pouvait se transmettre d’un individu à un autre et sur lequel il était possible d’agir. Il a ainsi élaboré la théorie du «magnétisme animal». Après quelques expériences thérapeutiques par application d’aimants, il considère finalement qu’ils sont superflus dans l’obtention des guérisons et que l’apposition des mains seule suffit pour transmettre le «fluide».
Suite aux étonnants succès obtenus à partir de sa technique thérapeutique, il s’attire les foudres de ses confrères et décide, après quelques scandales, de quitter Vienne pour Paris où il s’installe Place des Vosges. Il connaît alors un succès grandissant.
Le Docteur Mesmer traite de nombreuses maladies avec succès en induisant chez ses patients un état de transe pendant lequel il les conditionne afin de ne plus ressentir de douleurs. Pour soigner, Mesmer appose les mains directement sur certaines parties du corps de ses patients ou utilise une baguette en métal ou en verre ou encore utilise des objets qu’il magnétise auparavant.
Devant l’affluence de patients qui ne cesse de croître, il développe une technique de soins qui lui permet de traiter plusieurs personnes en même temps. C’est alors l’avènement de la thérapie de groupe : il crée le «baquet», sorte de grande caisse en bois de chêne avec laquelle il peut traiter un trentaine de patients à la fois. 
Les médecins et chirurgiens de l’époque étaient bien évidemment sceptiques mais ils durent se rendre à l’évidence suite à l’amputation de la jambe d’un patient sous hypnose.
Ses interventions ont souvent été critiquées car ressemblant trop à du spectacle; il avait l’habitude d’accompagner ses séances de magnétisme en jouant du piano-forte ou de l’harmonica de verre. Mais on ne peut nier qu’il fut à l’origine de la relation thérapeutique entre un patient et son thérapeute et à celle de la thérapie de groupe.

 

A la fin du XIXe siècle, un médecin chirurgien écossais appelé James Braid (1837-1910) refusa la théorie du fluide et établit, à la place, une théorie basée sur la physiologie cérébrale. Il demandait à ses patients de fixer un point brillant à 30 cm devant leurs yeux et constata qu’il arrivait à provoquer chez eux une certaine fatigue oculaire et donc, la fermeture de leurs paupières. Ce procédé était fréquemment suivi d’un sommeil profond chez les patients. Il voit là un phénomène neurologique et psychique qu’il baptise «sommeil nerveux» puis «hypnotisme» afin de mettre un terme à la connotation magique qui accompagne le magnétisme.

Pour le Docteur Braid, l’hypnose est un état provoqué par des moyens artificiels permettant de plonger un individu dans un état de sommeil artificiel et de l’influencer à des fins curatives par la suggestion.
Il est l’un des premiers à avoir compris qu’hypnotiser relevait plus d’un savoir que d’un pouvoir et il a également réussi à démontrer toute l’importance de la suggestion verbale.
Si le terme d’hypnotisme se réfère au sommeil, Braid admet qu’il s’agit plutôt d’une série d’états différents susceptibles de varier indéfiniment, de la simple rêverie jusqu’au coma profond. Mais la confusion persistera puisqu’aujourd’hui encore, l’idée que la plupart des gens se font de l’hypnose est celle d’un sommeil provoqué par une injonction de l’hypnotiseur. Si bien que nombre de patients pourront s’étonner, suite à une séance d’hypnose thérapeutique, de ne «pas avoir dormi», pensant ainsi ne pas avoir fait de la «vraie hypnose».


D’autres chirurgiens de la même époque utilisèrent l’hypnose pour les anesthésies et contribuèrent à son développement.

 

Charcot - leçon clinique à la Salpêtrière

 

Mais en 1846, avec l’invention du chloroforme, méthode beaucoup plus facile et rapide pour réaliser les anesthésies, l’hypnose perdra progressivement de son intérêt pour les anesthésistes. C’est la fin (pour un temps) de l’hypnose clinique.

Également à la fin du XIXe siècle, nombreux sont les médecins qui se sont intéressé à l’hypnose et qui l’ont exercée et notamment deux d’entre eux :


Le Professeur Jean-Marie Charcot (1825-1893), neurologue de réputation internationale, a été le premier à introduire une démarche scientifique dans l’étude des maladies du système nerveux ; on lui doit notamment la description de la sclérose en plaques et de la sclérose latérale amyotrophique également appelée la Maladie de Charcot.
Grâce à lui, la maladie mentale commença à être systématiquement analysée et l’hystérie fut alors distinguée des autres affections de l’esprit; ses travaux ont conduit à écarter le soupçon de simulation de la part des malades dans la manifestation des crises ou des symptômes hystériques, et il a été le premier à employer l'hypnose comme moyen de traitement. Il est à l’origine de l’École de La Salpêtrière.
Si Charcot est sans conteste une des gloires de la médecine française, ses conclusions hâtives sur l’hystérie et la névrose, par le biais de l’hypnose, soulèveront des critiques et des objections justifiées. Et pour cause : du temps de Charcot, la Salpêtrière devient le rendez-vous mondain du tout-Paris grâce aux présentations quasi-théâtrales de sujets hypnotisés en proie à des crises violentes d’hystérie. Lorsque Charcot, qui ne surveillait pas assez ses expériences, se rend compte de son erreur, il est trop tard.
De même, le Professeur Charcot ne s’occupant malheureusement que de la physiologie de l’hypnotisé passera à côté des phénomènes psychologiques.

 

En opposition au Professeur Charcot, le Professeur Hippolyte Bernheim (1840-1919) définit l’hypnose comme un simple sommeil produit par la suggestion qui peut être utilisée chez tout individu dans de larges indications thérapeutiques.
Pour Bernheim les signes du sommeil hypnotique sont le résultat d’une suggestion modifiant l’état de conscience et non le reflet d’un quelconque état pathologique comme l’avance Charcot ou d’un quelconque fluide magnétique entre l’hypnotiseur et l’hypnotisé comme l’a prétendu Mesmer. 
Bernheim démystifiera alors l’hypnose avec une idée révolutionnaire : «Il n’y a pas d’hypnotisme, il n’y a que de la suggestibilité».
La suggestibilité est la capacité du cerveau à accepter la suggestion que Bernheim véhiculera par un mode de communication simple : le langage. Ce mécanisme psychophysiologique de transformation de l’idée en acte est avant tout interne au sujet, il introduit ainsi la notion d’autosuggestion.
Cette psychologie expérimentale, basée sur l’hypnose et la suggestion et appliquée à la médecine, est baptisée par Bernheim en 1891 du nom de psychothérapie.

 

Accompagné du Docteur Ambroise-Auguste Liébeault (1823-1904), médecin de campagne dans les faubourgs de Nancy, Bernheim est à l’origine, de l’École de Nancy, la seconde École qui a contribué au développement de l’hypnose en France de 1882 à 1892. Cette école qui acquiert une réputation mondiale surpasse celle de La Salpêtrière.
Pour l’École de Nancy, l’hypnosabilité, n’a pas de lien avec l’hystérie comme l’avance l’École de La Salpêtrière. Tout le monde est hypnotisable bien qu’à des degrés divers.

 

C’est le début de la fameuse bataille entre les deux écoles pour savoir qui des deux aura raison. Les données de la science actuelle donneront raison aux théories de l’École de Nancy mais la vision de l’École de Paris, qui faisait grande autorité à l’époque, a persisté durant de nombreuses années, notamment dû à l’influence et au charisme de Charcot. Mais bien que Charcot ait eu tort sur ce point, il réussit toutefois à réhabiliter l’hypnose au sein de la communauté médicale scientifique.

 

Un élève de Charcot a été très fortement influencé par les travaux sur l’hypnose : Sigmund Freud (1856-1939) fut très marqué par les quelques mois passés dans le service du Maître Charcot à assister aux « leçons » qu’il donnait le vendredi; à ses côtés, Freud constate et reconnaît la réalité du phénomène hypnotique.

Admirateur du neurologue français, il lui propose de traduire ses écrits en allemand. La traduction des leçons de Charcot paraît en juillet 1886 et Freud en rédige la préface.
Mais Freud compléta également sa formation sur l’hypnose auprès de Bernheim dont il vint suivre les consultations à l’École de Nancy.
Freud a pratiqué l’hypnose durant dix ans (de 1886 à 1896). Il a publié des textes enthousiastes sur son efficacité.


Parallèlement, Freud entra en relation avec Joseph Breuer (1842-1925), un médecin et physiologiste autrichien. Breuer prit en charge une malade hystérique, Bertha Pappenheim (connue sous le pseudonyme d’Anna O.), souffrant également d’hallucinations, de paralysies et de troubles de la vision et la traita par l’hypnose : il déclara être parvenu à soigner sa patiente par la narration, sous hypnose, d'événements traumatiques survenus dans son passé. Freud fut énormément inspiré par cette prise en charge et tout à fait convaincu de l’efficacité de la méthode qui consiste à faire revivre au malade ses émotions de manière à lui permettre de s’en libérer. L’hypnose peut ainsi faire resurgir des souvenirs refoulés et emmagasinés dans l’inconscient. Breuer découvre ainsi le mécanisme du refoulement. Peu de temps après, il se familiarise également avec la notion de transfert, lorsque la patiente à laquelle il rend visite après sa guérison, lui fait une déclaration d’amour.


Freud a longtemps pratiqué une hypnose qui n’avait rien à voir avec la méthode de Breuer : il s’agissait d’une hypnose autoritaire et directive, inspirée de l’enseignement de Charcot et de la pratique de Bernheim, visant à effacer les idées ayant provoqué les symptômes et à affirmer l’absence des symptômes.
Mais Freud abandonne ce qu’il admirait auparavant, à savoir l’hypnose : il redoute en effet les phénomènes de transfert tels que Breuer en a été la victime et considère ensuite la suggestion comme un acte magique.
C'est pourtant la notion de transfert qui met Freud sur la voie d'une nouvelle approche, la reviviscence du vécu infantile refoulé qui anime le transfert, informant sur la nature du conflit psychique dans lequel le patient est pris.
En 1896, considérant que sa théorie a droit de cité en psychologie, Freud la baptise du nom de « psycho-analyse ».
Sa théorie psychanalytique, son charisme et son aura importante ont mis un frein au développement de l’hypnose en France.

 

Toujours à la fin du XIXe siècle, en Russie, un prix Nobel célèbre va réhabiliter l’hypnose via ses travaux sur le système nerveux et l’étude des réflexes conditionnés : il s’agit d’Ivan Petrovitch Pavlov (1849-1936) qui, grâce à sa théorie neurophysiologique de l’hypnose, va définitivement sortir l’hypnose de l’ésotérisme et de la magie.

 

 

En France, dans les années 1900, Émile Coué (1857-1926), pharmacien et psychologue à Nancy, après avoir reçu des enseignements par Liébeault sur l’hypnose, développera sa célèbre Méthode Coué, basée sur l’importance de la suggestion verbale.

 

Pierre Janet (1859-1947), père de la psychologie clinique, développe la notion de dissociation dans sa théorie de l’automatisme psychologique. Les phénomènes hypnotiques seraient le résultat d’une conscience secondaire dissociée, qui aurait une activité automatique propre. L’inconscient jouerait selon lui un rôle important dans le mécanisme de dissociation du psychisme.

 

Au XXe siècle, le psychiatre et psychologue américain Milton Hyland ERICKSON (1901-1980) révolutionna les conceptions mêmes de l’hypnose telles que décrites ci-dessus, de même que toutes les formes de thérapie. Il a joué un rôle important dans le renouvellement de l'hypnose clinique et a consacré de nombreux travaux à l'hypnose thérapeutique. Son approche innovante en psychothérapie repose sur la conviction que le patient possède en lui les ressources pour répondre de manière appropriée aux situations qu'il rencontre : il s'agit par conséquent d'utiliser ses compétences et ses possibilités d'adaptation personnelles.
C’est le vécu d’Erickson qui lui a permis d’aboutir à ces résultats : lui qui souffre par ailleurs de dyslexie, est victime d’une attaque de poliomyélite à l’âge de 17 ans. Un soir, alors qu'il est au plus mal, alité dans sa chambre, il entend un médecin dire à sa mère dans la pièce voisine que son fils sera mort le lendemain matin. Il demande alors à sa mère de déplacer son lit de manière à pouvoir voir le coucher de soleil une dernière fois avant de mourir. Il vit alors ce qu'il appelle une expérience d'autohypnose, au cours de laquelle il ne voit que le coucher de soleil, faisant abstraction de l'arbre et de la barrière qui entravent sa vue par la fenêtre. Il sort totalement paralysé d’un coma de trois jours, seulement capable de parler et de bouger les yeux. Ses efforts pour se rééduquer l'amènent à redécouvrir par lui-même beaucoup des phénomènes classiques de l'hypnose et la manière de les utiliser à des fins thérapeutiques.
Erickson garde de nombreuses séquelles de cette attaque et notamment au niveau de ses jambes qui n’ont pas recouvré toutes leurs forces. Afin de parfaire sa rééducation, il décide d’organiser un périple en canoë avec un ami qui se désistera au tout dernier moment. Il partira donc seul avec 5 dollars en poche, pour un voyage de 1700 km duquel il reviendra capable de marcher sans béquilles, de porter son canoë sur le dos et avec ses 5 dollars intacts.
Sa conception de l'inconscient diffère considérablement de celle de Freud. Pour Erickson, l’inconscient est un «réservoir lumineux», à la fois dépositaire de toutes nos ressources intérieures et véritable force positive capable de nous inspirer des solutions pour résoudre tous nos problèmes. Il ne faut donc pas en avoir peur : il est notre allié le plus solide et le plus fiable. Autonome, possédant ses modes de fonctionnement particuliers, il détient une sagesse propre, et c'est sur celle-ci que l'on peut s'appuyer pour changer de vie ou de comportement.
Pour Erickson, l'état d'hypnose est un phénomène physiologique naturel et assez banal, que nous expérimentons chaque jour. Un moment d'inattention, un instant de rêverie, l'immersion dans une lecture passionnante ? Aussitôt que notre attention se déplace en dehors de l’«ici et maintenant», nous sommes dans un état de «transe commune» très similaire à celui de l'hypnose.
Contrairement aux idées reçues, ce n'est pas un état passif, mais actif, pendant lequel peuvent arriver beaucoup de choses. Notamment une communication directe avec notre inconscient car les limites habituelles de la pensée sont provisoirement suspendues.

 

Contemporain de Milton Erickson, Dave Elman (1900 - 1967), de son vrai nom David Koppelman, est également un géant de l’hypnose américaine. Fils d’un fabricant de perruques et d’une coiffeuse, il fut amené à découvrir l’hypnose dès son plus jeune âge et plus particulièrement lors de la lente agonie de son père atteint d’un cancer en phase terminale. En effet, un ami de la famille, hypnotiseur de spectacle, vint soulager les douleurs de son père et lui permit de parler et de rejouer une dernière fois avec son fils avant de  mourir. Orphelin très jeune, Dave Elman dut se résoudre à travailler très rapidement et devint un acteur de vaudevilles grâce à ses talents artistiques et musicaux. Il y jouait du violon et du saxophone mais faisait également de l’hypnose de spectacle.

 

Il alla s’installer à New York à l’âge de 20 ans et devint animateur radio tout en continuant à se passionner pour l’hypnose. Son manque de formation universitaire, son obligation à travailler très jeune et sa lutte pour sa survie dès le plus jeune âge, ont forgé le caractère du jeune Elman et lui ont permis de développer une méthode d’hypnose thérapeutique basée sur 3 mots: rapidité, efficacité et clarté.

  • rapidité: l’hypnose doit être accessible presque immédiatement afin d’être exploitée dans la plupart des cabinets médicaux et chez les dentistes: en effet, ces professionnels de santé n’ont pas 3 heures devant eux pour amener quelqu’un dans un état proche de l’anesthésie. L’hypnose elmanienne est donc une hypnose rapide.
  • efficacité: sa méthode doit fonctionner avec la plupart des patients et doit minimiser leurs résistances. C’est ainsi que le patient doit collaborer: il s’induit lui-même la transe et l’hypnopraticien reprend la main quand le patient commence à entrer dans la transe.
  • clarté: Elman a créé un protocole très détaillé en fonction de la profondeur de transe souhaitée. Il donne différentes options, possibilités ou réactions à choisir au cours de l’hypnose thérapeutique.

Bien que non médecin, il impressionnera bon nombre de professionnels de santé par ses talents d’hypnotiseur et par sa méthode d’hypnose rapide. Il sera ainsi amené à former de très nombreux médecins et chirurgiens-dentistes à leur demande et ce, dans tous les Etats-Unis: il enseignait des techniques qui permettaient de mettre le patient dans un état qui l’anesthésiait complètement, en moins de 3 minutes. Pour Elman, l’hypnose ne peut intéresser ces professionnels de santé que si elle ne prend pas beaucoup de temps.

 

Léon Chertok (1911-1991), psychiatre et psychanalyste français, qui a longuement défendu l’idée de l’hypnose thérapeutique, inaugure en 1971 à Paris le Laboratoire d’Hypnose Expérimentale. Il considérait Erickson comme le plus grand hypnotiseur de tous les temps. Chertok introduit l’idée que l’hypnose est un «quatrième état de l'organisme actuellement non objectivable dont les racines profondes vont jusqu'à l'hypnose animale».

 

En France, le philosophe, thérapeute et écrivain, François Roustang (1923-2016) étudie l’hypnose et cherche à comprendre ce qui se passe au cours d’une séance d’hypnose pour que vienne la guérison : alors qu’Erickson s’intéresse et développe la clinique et la technique hypnotique, Roustang s’attache à comprendre l’essence même du phénomène et en quoi ce dernier permet une bascule vers la guérison chez les patients.
Roustang s’est en outre beaucoup intéressé à la position du thérapeute et aux conditions nécessaires pour induire les changements chez ses patients.
Pour Roustang, l’hypnose pourrait se définir comme «se laisser tomber dans son existence telle qu’elle est». L’expérience devient non plus un simple outil thérapeutique mais une philosophie de vie : pour lui, la tension et le mal-être dans lesquels se trouve le patient est un refus. Cette tension disparaît lorsque le patient prend la responsabilité de son existence sans rien en rejeter, surtout pas les éléments qui lui semblent insupportables. C’est l’état d’abandon que propose l’hypnose qui permet une réintégration de son existence. En acceptant, en intégrant chaque élément de son existence sans opposition, sans résignation, le patient prend la responsabilité de cette dernière. Le patient se lâche alors dans sa vie comme «un trapéziste lâcherait le trapèze», une image souvent employée par Roustang. Ainsi abandonné et plongé dans le contexte, le reste se fait tout seul…

 

 

Aujourd’hui, l’hypnose connaît un engouement sans précédent depuis son retour en France. Elle est redécouverte par la science, repensée par les philosophes, étudiée par les spécialistes de la communication, appliquée dans les services hospitaliers à bon nombre de pathologies et de contextes cliniques.
Elle s’enseigne officiellement sur les bancs de la faculté de médecine depuis 2001 par le premier diplôme universitaire d’hypnose médicale, ainsi que dans divers instituts de formation spécialisés.


L’hypnose thérapeutique prend depuis une dizaine d’années un nouvel essor, avec récemment en mars 2013 sa reconnaissance par l’Académie Nationale de Médecine en tant que thérapie complémentaire.

 

Issus de l'hypnose...

Par son approche naturaliste et humaniste, Erickson a inspiré de nombreux autres noms de l’hypnose, comme Gregory Bateson, Jay Haley, Paul Watzlawick ou John Weakland qui l’ont considéré comme le «père de la communication moderne» et ont fondé dans les années 1950, l’École de Palo Alto.

Cette École désigne en fait des hommes qui ont travaillé ensemble autour de théories de la communication et de la relation entre les individus. C’est le mélange des genres qui a fait toute la force de l’École de Palo Alto et qui a apporté un renouveau dans la vision de la communication. L’une de ses originalités majeures est l’utilisation de l’approche systémique dans le domaine des relations humaines.
Ce courant est notamment à l'origine de la thérapie familiale, de la thérapie brève et de la thérapie systémique.

 

De même, la Sophrologie est créée en 1960 par Alfonso Caycedo,médecin neuropsychiatre colombien qui fit ses études en Espagne. Il fonda en 1959 une société d'hypnose clinique, puis la rebaptisa l'année suivante Société de Sophrologie Médicale. Marié à une adepte du yoga, il s'intéressa aux spiritualités orientales. Il mit sur pied une nouvelle méthode thérapeutique, en s'inspirant à la fois du yoga, du bouddhisme et du zen.

 

Fondée sur les travaux de John Grinder et de Richard Bandler, la Programmation Neuro-Linguistique (PNL) est issue de la pratique de trois psychothérapeutes : Milton Erickson (Fondateur de l'Hypnose Ericksonienne), Fritz Perls (Fondateur de la Gestalt thérapie) et Virginia Satir (Fondatrice de la thérapie familiale). La PNL est ainsi considérée comme une branche de l’hypnose ericksonienne.
C’est en observant ces individus qui avaient pour point commun la réussite que Bandler et Grinder ont mis au point cette technique de communication.

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