Stress : historique et définitions

Un peu d'histoire...

 

Si le stress est vieux comme le monde, l’étude de ses mécanismes et de ses conséquences est beaucoup plus récente.


Le terme « stress » a fait son apparition pour la première fois au XVIIe siècle dans le domaine de la Physique et plus particulièrement, la mécanique des matériaux. En effet, le physicien, mathématicien et astronome anglais Robert Hooke (1635-1703) utilisa le mot « stress » dans une loi qui stipule qu’une force extérieure (load) agissant sur un corps, provoque une tension de ce corps (stress) qui peut se transformer en déformation (strain). Il décrivait ainsi la relation linéaire entre l'élongation d'un ressort (strain) et la force à laquelle il était soumis (stress). Cette loi de comportement a été énoncée par Hooke en 1678 par la phrase en latin : Ut tensio sic vis, ce qui signifie « telle extension, telle force ». Le stress en mécanique des matériaux est donc une interaction entre une force qui s’exerce sur un matériau et la résistance qu’a ce matériau. Peu importe si c’est une machine ou un homme qui exerce la force. Le stress est donc ici, une réponse non spécifique.

 

Au XIXe siècle, de nombreux chercheurs avaient pressenti l’existence du « stress » en tant que mode de réponse générale d’un organisme vivant face à des agressions extérieures.

 

Claude Bernard

Vers 1860 le médecin et physiologiste français Claude Bernard (1813-1878) démontre que les réactions des personnes subissant une agression quelle qu’elle soit, permettraient de « maintenir la constance des conditions de vie dans le milieu intérieur du corps humain ». Il s’agirait donc là des capacités des êtres vivants à se maintenir en équilibre et à stabiliser leur milieu intérieur. Il ébauchait ainsi le concept de l’homéostasie même si ce dernier n’a été réellement créé que plus tard par Walter Cannon.

 

En 1872, Charles Darwin avait remarqué le rôle essentiel de la peur comme moyen de mobiliser l’organisme et de faciliter sa survie, en l’aidant à faire face au danger (The Expression of the Emotions in Man and Animals). Il avait coutume de dire que « Les espèces qui survivront ne sont ni les plus fortes ni les plus intelligentes, mais celles qui auront su s’adapter à leur environnement »

 

 

Apparition du terme dans le domaine de la Médecine

 

Le mot « stress » est ensuite réapparu au XXe siècle mais cette fois-ci dans le champ de la Physiologie et de la Médecine.

 

Au tout début du vingtième siècle, Sir William Osler, cardiologue canadien vivant aux Etats-Unis souligne de façon prémonitoire les effets possibles du stress sur le cœur alors que rien n’avait été découvert de façon précise sur les mécanismes exacts du stress : « Exercer un métier à haute responsabilité augmente le risque de maladie cardiaque ».

 

William Bradford Cannon

Quelques années plus tard, Walter Bradford Cannon (1871-1945), physiologiste américain, détermine la recherche fondamentale d’équilibre de Claude Bernard par le mot « homéostasie » qu’il invente à partir du grec : « homoios » qui est égal, semblable et « stasis » qui est état, position. Il en développe le concept : un organisme sollicité par certaines contraintes extérieures tend à produire des réponses adaptatives. Ces réponses adaptatives ont un coût énergétique élevé et l’organisme doit donc fournir des réactions physiologiques parfaitement coordonnées capables de lui fournir l’énergie suffisante pour réagir et pour garantir la stabilité de son milieu intérieur.

 

Il décrit également les réactions physiologiques provoquées par certaines émotions (peur, colère). En effet, dès 1911 il observe que sous l’effet de la peur, la stimulation des glandes médullosurrénales libère une hormone qui est l’adrénaline et aussi plus tard la sympathine. En 1915, il étudie les réactions de frayeurs des chats face aux chiens et émet pour la première fois la célèbre sentence « Fight or Flight » pour décrire deux réponses possibles à un stress : combattre ou fuir. C’est, en 1928, que Cannon a insisté sur le rôle des facteurs psychologiques comme les émotions dans le processus d’adaptation : il parle donc de stress émotionnel.

Nommée de nos jours la noradrénaline qui est une substance chimique libérée au niveau des glandes médullosurrénales dans la circulation générale et agissant comme une hormone, la sympathine a été découvert, en 1931, par Cannon et est responsable de l’action du système nerveux sympathique sur le corps humain. En 1935, Cannon définit le stress comme « correspondant à des stimuli aussi bien physiques qu’émotionnels, éventuellement en rapport avec l’organisation sociale et industrielle » (Stress and strain of homeostasis).

 

Hans Selye

Mais la théorie du stress a véritablement été introduite en Médecine par l’endocrinologue autrichien Hans Selye (1907-1982). Il inventa ce concept de stress en 1925, alors qu’il était encore étudiant en Médecine à l’Université de Montréal.
Il fut ensuite le fondateur et le directeur de l’Institut de médecine et chirurgie expérimentale de l’Université de Montréal et fut l’un des pionniers à s’être intéressé au stress dans la première moitié du XXe siècle : ses premières recherches ont dévoilé les principales réactions des organismes animaux face aux agressions environnementales de toute nature.

 

Hans Selye a montré comment les hormones corticosurrénales sont mises en circulation lors d’agressions violentes de l’organisme. 
Après la seconde guerre mondiale, c’est lui qui donnera la première définition médico-psychologique du terme : « le stress est la réponse non spécifique de l’organisme à toute demande d’adaptation qui lui est faite ».
Et pour différencier la réaction qu’il avait découverte de celle qu’avait identifiée Cannon, il proposa de la désigner sous le nom de « Syndrome Général d’Adaptation » ou SGA, et lui donna plus tard le nom de « Stress ». 
C’est également lui qui décompose le stress en 3 phases : la phase d’alarme, la phase de résistance et la phase d’épuisement.

Poursuivant ses recherches, il développe le concept d’eustress. Ce terme inventé se compose de deux parties : le préfixe eu, vient du mot grec qui signifie bien ou bon. Accolé au mot stress, il signifie littéralement bon stress. L’eustress s’accompagnerait d’agrément et de bien-être, contrairement au distress, désagréable, insupportable et qui se traduirait souvent par un sentiment de détresse, d’angoisse ou de souffrance.
L’apport de Selye est majeur car il parle de stress négatif (défavorable) et de stress positif (favorable) et laisse entrevoir que par le développement des compétences individuelles et collectives, il est possible de transformer un stress négatif en stress positif.

Mais à partir de 1970, Selye évoque aussi le stress comme étant une force destructrice, c’est ainsi que le stress est devenu le nouveau mal du siècle.


Et c’est à partir de cette date que la définition même du stress s’est élargie :

 

Henri Laborit

En tout premier lieu, le chirurgien et neurobiologiste, Henri Laborit (1914-1995) définit le stress comme réaction assurant la survie de l’organisme face à un danger. Face à une situation stressante, l’homme dispose de trois alternatives pour s’adapter : la fuite, la lutte (le fight-or-flight de Cannon) ou bien l’inhibition de l’action (proposée par Laborit). Au niveau cérébral, le système d’inhibition de l’action est sélectionné comme une solution d’appoint permettant la survie lorsque ni les solutions d’approche (lutte) ni celle de retrait (fuite) ne sont efficaces.

 

Par la suite, les psychologues américains Richard Lazarus (1922-2002) et Susan Folkman (née en 1938) ont donné une définition de la notion du stress, en 1984 : c’est « une transaction entre la personne et l’environnement dans laquelle la situation est évaluée comme débordant les ressources d’un individu et pouvant mettre en danger son bien-être » c’est-à-dire que :

  • l’individu peut être responsable de l’importance des agents stressants agissant sur son organisme
  • l’individu devient un acteur capable de moduler l’impact des agents stresseurs par des stratégies cognitives, émotionnelles et comportementales.

Le modèle de Lazarus et Folkman met en évidence le fait que l’individu procède à une double évaluation face à une situation stressante : celle, primaire, du danger ou de la menace que fait peser cette situation, et celle, secondaire, des ressources dont il dispose pour y faire face. Richard Lazarus insiste sur l’importance de cette perception de la situation comme menaçante.

 

Puis l'endocrinologiste américain Wylie Walker Vale Junior (1941-2012) découvrit et caractérisa les hormones cérébrales en jeu dans la régulation de la réponse du corps au stress. Docteur en physiologie et en biochimie, il isole en 1981 puis caractérise la CRH ou corticolibérine, aussi dite hormone du stress impliquée dans la réaction en chaine suivante : elle est secrétée par l’hypothalamus (une région du cerveau) et stimule l’hypophyse (autre région du cerveau). Celle-ci secrète alors une autre hormone (ACTH ou adrénocorticotropine) qui stimule les glandes surrénales. En réponse, elles-mêmes vont libérer dans le sang le cortisol (hormone favorisant l’adaptation au stress) qui va agir sur de nombreux organes dont le cerveau.  En isolant la CRH, Vale découvre en fait l’interrupteur qui déclenche la réaction de stress et rend possible son traitement en situations pathologiques.

 

Neurophysiologue et neuroendocrinologue, Bruce McEwen (né en 1938) compte parmi les grands spécialistes actuels du stress. Il étudie principalement les actions des œstrogènes, des glucocorticoïdes et du stress sur le cerveau.
Il a étudié les mécanismes délétères du stress chronique sur la santé et défini la notion de surcharge (et le « coût » biologique) qui peut conduire à la vulnérabilité au stress et à la maladie. Son activité en recherche est particulièrement importante avec plus de 700 publications scientifiques dans des journaux émérites tels que Nature Neuroscience, New England Journal of Médecine. Il a reçu de nombreux prix pour ses travaux.

 

Pour terminer cet historique, parlons du stress qui vous tord le ventre :
Après des études en physiologie à Lyon, Yvette Taché (née en 1945) obtient le grade de docteure de l’Université de Montréal en médecine expérimentale et chirurgie. Après être passée dès 1982 par le département des maladies digestives de l’Université de Los Angeles, elle est actuellement à la tête du Centre de Neurobiologie du Stress de cette même Université où elle est reconnue internationalement comme experte dans le domaine des interactions entre cerveau et système digestif.
Ses travaux récents mettent l’accent sur les interactions neuro-digestives lors de situations stressantes et cherchent à comprendre l’origine des douleurs viscérales et des dysfonctionnements moteurs de l’intestin qui y sont associés. Ses collaborations actuelles ouvrent la voie à de nouvelles perspectives de recherche à propos du fonctionnement des réseaux nerveux autonomes entre cerveau et intestin. Selon elle, la corticolibérine, libérée par l’hypothalamus lors d’une situation stressante, serait responsable des troubles digestifs en situation de stress. Yvette Taché a ainsi été la première à montrer son implication dans la motricité gastro-intestinale et son impact sur le développement de troubles psychosomatiques intestinaux.

Quelques définitions...

 

Entre 1970 et 2007, et suite aux recherches fondamentales de Claude Bernard, de Sir William Osler, de Walter Cannon et de Hans Selye, le stress a fait l’objet de plus de 200 000 articles scientifiques que ce soit dans des revues de Médecine ou de Biologie que dans des journaux de Psychologie, de Sociologie, d’Économie ou de Politique. Tous ces articles ont permis de faire évoluer le concept du stress de Selye vers la notion que l’on connaît à l’heure actuelle.

 


Définition de Hans Selye

 

Hans Selye définit le stress comme « l’ensemble des moyens physiologiques et psychologiques mis en œuvre par une personne pour s’adapter à un événement donné ». En effet, selon lui, un changement brutal survenant dans les habitudes d’une personne, jusque-là bien équilibrée, est susceptible de déclencher un bouleversement dans sa structure psychique et même somatique. Pour lui, le stress est donc d’une « réponse non spécifique du corps à toute demande qui lui est faite ».

 

Les trois phases de la réaction de stress selon Selye
En 1948, lors d’une conférence au Collège de France, Hans Selye dépeint un syndrome réactionnel endocrinien et lui donne le nom de « Syndrome Général d’Adaptation » ou SGA. Le modèle de Selye comprend trois phases pendant lesquelles l'organisme répond à des agressions :

  • La phase d'alarme : cette phase est l’ensemble des phénomènes généraux non spécifiques provoqués par l’exposition de l’organisme à un agent stressant, extérieur, auquel l’organisme n'est pas adapté. Cette phase est divisée en deux parties :
    • une phase de choc qui est un état de surprise suite à une agression et qui provoque des conséquences sur l’organisme comme la dilatation des yeux. Elle dure de quelques minutes à 24 heures,
    • elle est suivie de la phase de contre-choc qui est le développement de moyens de défense dans l’organisme afin de diminuer les conséquences de la phase de choc.

En cas de prolongement de la phase d’alarme par un autre stimulus stressant, l’organisme passe dans la phase de résistance.

  • La phase de résistance ou phase de réaction : c’est la continuation de la phase de contre-choc, l'organisme s'adapte à l'agent stressant qui se prolonge :
    • les conséquences sur l’organisme s’atténuent et l’organisme s’habitue à l’agent stressant,

En cas de prolongement supplémentaire du stimulus stressant, la phase de résistance passe à la phase d’épuisement.

  • La phase d'épuisement : c’est le seuil où l'organisme cesse d'être en mesure de s'adapter au stimulus provoqué par l'agent stressant et se soumet. Cet épuisement de l’organisme provoque le retour des manifestations de la phase de choc mais elles sont alors supérieures aux manifestations défensives de la phase de contre-choc. La phase de résistance où l’organisme s’adapte devient plus faible et cela entraîne l'épuisement de l'organisme. Cette phase peut mener à de graves troubles et maladies, voire la mort.

C’est ainsi qu’est née la notion du stress physiologique.

 

Le schéma suivant symbolise ce Syndrome Général d’Adaptation vu par H. Selye.

Autres définitions

 

D’après l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (http://europe.osha. eu.int/good_practice/risks/stress), un état de stress « survient lorsqu’il y a un déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face. Bien que le processus d’évaluation des contraintes et des ressources soit d’ordre psychologique, les effets du stress ne sont pas uniquement de nature psychologique. Il affecte également la santé physique, le bien-être et la productivité de la personne qui y est soumis ».

Les partenaires sociaux européens ont signé, le 8 octobre 2004, un accord sur le stress au travail dans le cadre de l’article 138 du Traité CE. La transposition de cet accord en droit français ainsi que la prise en compte des évolutions de la société sur le sujet a donné naissance à un Accord National Interprofessionnel le 2 juillet 2008 sur le stress au travail. Cet accord donne une définition communément retenue depuis :  « Un état de stress survient lorsqu’il y a déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face ». Le stress n’est pas une maladie mais une exposition prolongée au stress peut réduire l’efficacité au travail et peut causer des problèmes de santé.


Selon l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS), on parle de stress au travail « quand une personne ressent un déséquilibre entre ce qu’on lui demande de faire dans le cadre professionnel et les ressources dont elle dispose pour y répondre ».

 

Pour l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le stress lié au travail est « l’ensemble des réactions que les employés peuvent avoir lorsqu’ils sont confrontés à des exigences et à des pressions professionnelles ne correspondant pas à leurs connaissances et à leurs capacités et qui remettent en cause leur aptitude à faire face ».

 

D’après le Bureau International du Travail (BIT) en 1993, « le stress était devenu l’un des plus graves problèmes de notre temps, non seulement pour les individus dont il met en péril la santé physique et mentale, mais aussi pour les entreprises et les gouvernements ».

 

 

Définition physiologique

 

Le stress englobe trois composants : l’agent stresseur ou perturbateur, la réaction qui en découle (syndrome général d’adaptation de Hans Selye: SGA 1950) et l’état dans lequel se trouve l’organisme qui réagit.

Le stress peut être assimilé à un ensemble de réactions physiologiques et psychologiques induites par un organisme soumis à un changement de situation difficile, voire paraissant impossible à gérer par cet individu, qui vont engendrer une réponse de l’organisme afin de rétablir ses conditions de base de vie équilibrée (homéostasie).
La finalité du stress est qu’en situation de danger pour son intégrité, un organisme optimise son niveau de vigilance sensorielle et mobilise l’ensemble de ses ressources physiques (cardiovasculaires, respiratoires, musculaires), énergétiques, afin de trouver la meilleure réponse à la mise en cause de son intégrité.
Trois modalités s’offrent à lui : « fright, flight or fight », que l’on peut traduire en : « effroi (sidération, soumission, camouflage), fuite ou lutte ». Le stress peut être mesuré en quantité d’unité de changement (UC) selon l’échelle de Holmes et Rahe. Avec plus de 300 UC (stress très élevé) le risque de présenter dans l’année qui suit une pathologie est de 8 sur 10 !
80 % des consultations médicales seraient liées d’une manière ou d’une autre au stress selon Herbert Benson (U Harvard) de même que 70 % des accidents de travail selon l’Américan Institute of Stress.
Le stress est le seul concept médical admis par la communauté scientifique qui fait le lien entre le psychisme et les maladies somatiques via des réactions neuroendocriniennes. JL Dupond, FS Maheu et SJ Lupien
Plus récemment, C Jacque, JM Thurpin démontrent la complexité d’action des cytokines intracérébrales et leur lien possible avec de nombreuses pathologies neurologiques notamment la dépression et l’état de stress post-traumatique (SSPT). Connues jusqu’alors pour leurs rôles de messagers de l’immunité, les cytokines s’avèrent tenir dans le SNC (système nerveux central) des fonctions beaucoup plus diversifiées concernant la transmission nerveuse, la régénération neuronale et les équilibres ioniques.

 

 

Définition psychologique


Le stress est un état psychologique issu de la perception d’un déséquilibre entre les attentes perçues et l’autoévaluation de ses propres capacités à rencontrer les exigences de la tâche. J Larue

En somme, le stress est mental, il est ressenti lorsque l’individu ne se « sent pas à la hauteur » de ce qu’il pense devoir faire pour la demande qu’il perçoit.


Pour H. Selye, qui a travaillé trente ans sur la physiologie du stress, il conclut à la fin de sa vie que le stress n’existe pas, qu’il s’agit d’une « abstraction mentale » afin de souligner l’importance des paramètres cognitifs qu’il a occulté.


Le traitement analytique lucide des informations extérieures agressives, le type de personnalité, l’expérience passée, le statut émotionnel présent, les croyances irrationnelles, l’estime de soi, le lieu de contrôle, le sens de l’humour sont autant de ressources personnelles susceptibles de grandes variations individuelles dans la manière de transformer une situation stressante initialement négative en positive ou de la neutraliser en simple situation gênante.

Bon ou mauvais stress ?

 

Les termes de « bon » et « mauvais » stress sont couramment employés quand il est question de stress au travail. Le « bon stress » permettrait aux salariés de donner le meilleur d’eux-mêmes, tandis que le « mauvais stress » rendrait malade. 

Or, il n’y a scientifiquement ni « bon » ni « mauvais » stress, mais un phénomène d’adaptation de l’organisme rendu nécessaire par l’environnement.

 

On peut en revanche différencier l’état de stress aigu de l’état de stress chronique, qui ont des effets différents sur la santé.

  • L’état de stress aigu correspond aux réactions de notre organisme quand nous faisons face à une menace ou un enjeu ponctuel (prise de parole en public, remise urgente d’un rapport, changement de poste de travail choisi). Quand cette situation de stress prend fin, les symptômes de stress s’arrêtent généralement peu de temps après.
  • L’état de stress chronique est une réponse de notre corps à une situation de stress qui s’inscrit dans la durée : c’est le cas quand, tous les jours au travail, nous avons l’impression que ce qui nous est demandé dans le cadre professionnel excède nos capacités... Ce type de situation de stress chronique, même lorsqu’il est choisi, est toujours délétère pour la santé.

Calculer son niveau de stress


Holmes et Rahe ont dressé en 1967 une échelle du stress destinée à évaluer le niveau du stress d'un individu. Cette échelle, notée de 10 à 100 points, est utilisée pour calculer le niveau de stress et déterminer la probabilité que la santé soit affectée au cours de l'année qui vient. Elle est basée sur 42 situations d'évènements traumatisants survenus au cours des 2 dernières années. La liste des évènements permet ainsi de mesurer les répercussions des changements survenus.

  • Mort d'un conjoint : 100
  • Divorce : 73
  • Séparation d'avec le conjoint : 63
  • Prison : 63
  • Mort d'un proche : 63
  • Blessure ou maladie physique : 53
  • Mariage : 50
  • Licenciement : 47
  • Réconciliation avec le conjoint ou la conjointe: 45
  • Retraite : 45
  • Maladie d'un proche : 44
  • Grossesse : 40
  • Troubles de la sexualité, problèmes dans le travail : 39
  • Arrivée d'un nouveau membre dans la famille : 39
  • Modifications de la situation financière : 38
  • Mort d'un ami intime : 37
  • Changement de situation: 36
  • Aggravation du nombre de disputes avec le conjoint : 35
  • Dettes : 30
  • Changement de responsabilités professionnelles : 29
  • Départ de la maison d'un enfant : 29
  • Problèmes relationnels avec les beaux parents: 29
  • Début ou arrêt de travail du conjoint : 26
  • Début ou fin de scolarité des enfants : 26
  • Changement de conditions de vie : 25
  • Modifications des habitudes personnelles : 24
  • Conflits avec son employeur : 23
  • Déménagements : 20
  • Changements d'horaires ou de conditions de travail : 20
  • Changement d'école : 20
  • Changement de loisirs : 19
  • Changement religieux : 19
  • Changement d'activités sociales : 18
  • Changement dans les habitudes de sommeil ou repos : 15
  • Changement du rythme des réunions de famille ou des habitudes alimentaires : 14
  • Vacances : 13
  • Noël : 12
  • Amendes, PV : 11

Noter les évènements survenus ayant provoqué une situation de stress et évaluer leur chiffre en fonction de l'échelle ci-dessus. Calculer le total des points.

  • Total inférieur à 150 : Situation environ comparable à celle de la population. Une incidence sur la santé peut néanmoins survenir selon l'état physique et psychologique de la personne. 
  • Total compris entre 150 et 300 : Un résultat supérieur à 150 révèle qu'il existe un risque préjudiciable pour l'équilibre de la personne. 50% de risques d'être sujet à une maladie.
  • Total supérieur à 300 : Le risque de voir survenir une modification de l'état de santé est supérieur à 80%.

Attention : le résultat de ce test n'est qu'indicatif. Cette liste de facteurs ne peut suffire à elle-seule pour expliquer l’ensemble des situations de stress observées. Parfois, ces facteurs se combinent entre eux, chacun pouvant, tour à tour, peser plus lourdement. Des études ont démontré que les facteurs de stress pouvaient s’annuler entre eux ou s’accumuler selon les situations. Ils ont un effet plus néfaste lorsqu’ils se prolongent, sont subis et non choisis, se multiplient et coexistent avec d’autres facteurs incompatibles. De nombreux autres facteurs entrent en compte et chaque individu présentera une réponse différente à la situation. Seul l'avis d'un professionnel doit être pris en considération.

Pour me joindre ou prendre rendez-vous, veuillez appeler au : 06 80 53 44 55